Pour un commerce plus équitable et une économie plus juste : Passons du caddie au cabas !
Par Minga, lundi 5 mai 2008 à 12:56 :: Se documenter :: #34 :: rss
Dans leur course aux profits immédiats, les supermarchés fragilisent le commerce de proximité, les fournisseurs, les salariés ainsi que les savoir-faire et la qualité des produits. En effet, ce mode de distribution a de lourdes conséquences pour les commerçants de proximité. Ainsi, d’après l’INSEE (1) , entre 1966 et 1998 ont disparu 17 800 boulangers pâtissiers (-44%), 73 800 épiceries (-84%), 3 500 fromageries (-76%). Et il ne semble pas le mouvement s’inverse…
L’appétit de profit des supermarchés s’arrange parfois avec la sécurité sanitaire du consommateur comme l’atteste la commercialisation de viande avariée (dit « pratique de la remballe ») ou encore la recherche du produit à moindre coût qui, d’une part, appauvrit les producteurs et d’autre part, contribue à mettre en rayons des aliments de moindre qualité. Dans le même ordre d’idées, les pratiques commerciales inéquitables des supermarchés mettent 20.000 agriculteurs au chômage chaque année et fragilisent l’ensemble des fournisseurs par leur position ultra dominante lors de toute négociation. Outre, des pratiques commerciales discutables, les grandes enseignes se distinguent aussi par leur politique sociale. Ainsi, les récents conflits, comme la manifestation nationale des caissièr(e)s le 1er février dernier, ont révélé des pratiques sociales datant d’un autre siècle. Pratiques qui se doublent de conditions salariales désavantageuses. Ainsi selon les syndicats, les salariés de la grande distribution gagnent souvent moins de 1000 euros par mois en raison d’un très grand nombre de temps partiels. Pour rappel, le seuil de pauvreté en France a été fixé à 890,4 € (2) en 2005 !
Ainsi la logique économique du « toujours plus de profits » des grandes surfaces est manifestement incompatible avec des impératifs d’équilibre des territoires, d’emplois ou de qualité des produits. La commercialisation de quelques produits dits « équitable » sur les linéaires n’y change rien ! Tout au plus cela contribue-t-il à transformer le commerce équitable porteur d’enjeux sociétaux en produits marketing.
Pour nous, C’est en achetant chez des commerçants responsables des articles qu'ils proposent, connaissant leur origine et la manière dont ils ont été conçus que l’on défend tous les jours notre pouvoir d'achat, nos emplois et l'accès à des produits de qualité.
Le Printemps pour un commerce équitable est l’occasion de réfléchir ensemble, de défendre et de débattre des modes de distribution plus équitables où la réussite économique de certains acteurs ne se traduit pas par la paupérisation du plus grand nombre.
(1) Seuil de pauvreté calculé par l'INSEE en 2005 pour une famille monoparentale avec un enfant de moins de 14 ans. Pour un couple sans enfant le seuil est de 1022 € par mois.
(2) Le seuil de pauvreté est défini à 60% du salaire médian (1484 € en 2004 - source INSEE), soit : 890,40 €.
Commentaires
1. Le mardi 6 mai 2008 à 18:41, par Dorothée Lombard
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